Un Français peut financer un projet au Maroc auprès d'une banque marocaine s'il y réside et y perçoit des revenus, ou depuis la France via sa banque habituelle ou une enseigne comme Chaabi Bank, après avoir clarifié son statut de change.
Vivre au Maroc ou rester en France ?
Un retraité installé à Marrakech et un salarié parisien qui achète un appartement à Tanger ne relèvent pas du même statut de change. L'IGOC 2026 distingue résidents, non-résidents, MRE et étrangers, ce qui détermine le compte et le crédit accessibles.
Franco-Marocain : un double statut à clarifier
Un binational vivant en France et titulaire d'une carte nationale marocaine peut en général être traité comme Marocain du monde. Il accède alors aux offres décrites dans notre guide du prêt pour Marocains résidant à l'étranger, plus fournies que celles visant les étrangers.
Emprunter sur place en tant que résident
Résident au Maroc avec un contrat local, un Français présente un dossier comparable à celui des autres salariés : bulletins de paie, carte d'immatriculation, compte domicilié. Les agences d'Attijariwafa bank, de Bank of Africa ou de CIH Bank instruisent ce type de demande.
Chaabi Bank, passerelle entre Paris et Casablanca
Filiale française du Groupe BCP, Chaabi Bank commercialise la gamme Bladi : Bladi Compte, Bladi Carte et Bladi Cash pour envoyer de l'argent vers le Maroc. Cette offre vise d'abord la diaspora, mais illustre les ponts bancaires qui existent entre les deux pays.
Solliciter sa banque française
D'après Bladi.net, certaines banques hexagonales regardent le Maroc comme un « eldorado immobilier ». Reste la question de la garantie : une hypothèque au Maroc est plus difficile à prendre pour elles qu'un nantissement d'épargne ou une sûreté sur un bien situé en France.
Filiales et groupes présents des deux côtés
Plusieurs groupes bancaires français ont détenu par le passé des filiales au Maroc ; l'actionnariat a pu évoluer, vérifiez-le avant de compter sur une passerelle. Notre page sur les banques étrangères au Maroc présente les établissements à capitaux internationaux.
Contexte bilatéral et fiscalité
La France et le Maroc sont liés par une convention fiscale qui répartit l'imposition de certains revenus, notamment les pensions et les loyers. Pour un retraité ou un investisseur locatif, ce cadre modifie le revenu net retenu par la banque ; un conseiller fiscal le précisera.
Retraités français installés au Maroc
Agadir, Marrakech ou Essaouira accueillent de nombreux retraités français. Une pension versée en euros rassure le prêteur, mais l'âge en fin de crédit et le coût de l'assurance décès-invalidité réduisent souvent la durée accessible ; voir le crédit pour retraités.
Achat immobilier : notaire et titre foncier
Avant toute promesse, le notaire contrôle auprès de la conservation foncière que le bien est titré et libre d'hypothèque. Un acheteur français a intérêt à conserver la preuve des fonds importés, utile s'il souhaite un jour rapatrier le produit d'une revente.
Dirhams convertibles pour un non-résident
Un Français non résident alimente généralement son projet depuis un compte en devises ou en dirhams convertibles, encadré par l'IGOC. Ce compte garde la trace des devises entrées au Maroc, ce qui simplifie le remboursement depuis la France et les transferts ultérieurs.
Crédit conso et loi 31-08
Résident au Maroc, un Français bénéficie comme tout consommateur de la loi 31-08 : information préalable sur le coût, offre écrite et faculté de rétractation. Il peut ainsi comparer banques et sociétés de financement ; voir le prêt à la consommation au Maroc.
Arnaques visant les acheteurs francophones
Des annonces rédigées en français promettent un financement « sans conditions » pour acheter au Maroc, contre une avance pour « frais de notaire » ou « assurance ». Une vraie banque ne réclame aucun paiement préalable, et un notaire se vérifie auprès de son ordre professionnel.
Itinéraire d'un Français qui veut financer au Maroc
- Déterminer si vous serez résident ou non-résident au Maroc au moment de la demande de crédit.
- Interroger votre banque française sur un financement adossé à une garantie située en France.
- Consulter en parallèle deux banques marocaines et obtenir leurs conditions écrites pour un ressortissant français.
- Ouvrir le compte adapté à votre statut et y faire transiter les fonds de l'apport.
- Faire vérifier le bien par un notaire et votre situation fiscale par un conseiller avant l'engagement.
- Comparer les offres sur le TEG, l'assurance et les frais de change, puis signer.
Ce qu'un emprunteur français doit chiffrer
| Poste | Détail | Ordre de grandeur |
|---|---|---|
| Coût du crédit | Intérêts et frais résumés dans le TEG | Variable selon l'offre |
| Assurance emprunteur | Décès-invalidité, tarifée selon l'âge | Variable |
| Change euro-dirham | Écart de cours et commissions sur chaque transfert | Variable selon la banque |
| Notaire et enregistrement | Acte d'acquisition et formalités foncières | Selon barème officiel |
| Garantie | Hypothèque au Maroc ou sûreté en France | Selon l'établissement |
Documents qu'un Français doit préparer
- Passeport français et, pour un binational, carte nationale marocaine
- Carte d'immatriculation en cas de résidence au Maroc
- Bulletins de salaire récents ou relevés de pension
- Avis d'imposition français
- Relevés de comptes français et marocains
- Promesse de vente ou descriptif détaillé du projet
Faux pas fréquents des emprunteurs français
- Croire qu'une banque française financera d'office un bien au Maroc sans garantie située en France ni étude spécifique.
- Ignorer son statut de change et ouvrir un compte inadapté, ce qui complique le remboursement et le rapatriement des fonds.
- Signer un compromis avant d'avoir obtenu un accord de financement écrit ou une condition suspensive protectrice.
- Envoyer de l'argent à un « notaire » ou un « prêteur » contacté via une petite annonce, sans vérifier son identité professionnelle.
- Opposer un crédit français et un crédit marocain sur la seule mensualité, sans intégrer le coût du change ni l'assurance.
Ce que demandent souvent les Français
Un Français peut-il acheter un logement au Maroc à crédit ?
L'acquisition d'un bien titré est possible, et plusieurs voies existent : banque marocaine si vous résidez et percevez des revenus sur place, banque française avec une garantie acceptable, ou apport personnel. Les terres agricoles suivent des règles particulières, à vérifier avec le notaire.
Chaabi Bank accorde-t-elle des prêts aux Français ?
Les produits confirmés de Chaabi Bank en France sont ceux de la gamme Bladi : compte, carte et transferts vers le Maroc. Pour un crédit, interrogez directement l'établissement sur son offre et les profils acceptés, sans présumer de votre éligibilité.
La convention fiscale franco-marocaine change-t-elle le dossier ?
Elle ne fixe pas les conditions de crédit, mais détermine où certains revenus, comme les pensions ou les loyers, sont imposés. Le revenu net retenu par la banque peut donc varier. Faites valider votre situation par un conseiller fiscal.
Un binational doit-il passer par l'offre MRE ?
S'il vit en France, il peut généralement accéder aux offres Marocains du monde de Groupe BCP, Bank of Africa, Attijariwafa bank ou CIH Bank. C'est souvent la voie la mieux balisée, avec des produits immobiliers dédiés et des conseillers habitués.
